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Comment créer un jardin anglais en Belgique : le guide

14 mai 2026 par
Comment créer un jardin anglais en Belgique : le guide
Vert Val SRL, Lorenzo del Marmol

Comment créer un jardin anglais en Belgique

Le jardin anglais a l'air du plus facile de tous les styles : une nature qu'on aurait laissée libre, une profusion de fleurs, un romantisme presque négligé. C'est exactement l'inverse. Derrière cette apparente nonchalance se cache la plus grande discipline de composition de tous les styles de jardin. La bonne nouvelle : c'est aussi celui qui se sent le plus chez lui sous le climat belge. Voici d'où il vient, ce qui le définit, et comment le réussir.

Jardin anglais bruxelles

D'où vient le jardin anglais

Le jardin anglais n'est pas né d'un seul élan, mais de deux traditions qui se sont superposées.

Au XVIIIe siècle, en Angleterre, des paysagistes comme William Kent et Lancelot « Capability » Brown rompent avec le jardin formel à la française — ses parterres géométriques, ses lignes droites. Ils dessinent à la place de vastes paysages qui semblent spontanés : pelouses ondulantes, bosquets, plans d'eau aux contours naturels. C'est le « jardin à l'anglaise », ou jardin paysager. Son principe fondateur tient en une phrase : un art qui cache l'art.

Un siècle et demi plus tard, une seconde tradition s'y greffe. À la fin du XIXe siècle, William Robinson puis surtout Gertrude Jekyll font évoluer le style vers le cottage garden — plus généreux, plus parfumé, tourné vers la profusion florale. Jekyll, peintre de formation, est considérée comme la créatrice de la mixed border telle qu'on la conçoit aujourd'hui : un massif où vivaces, arbustes, rosiers, bulbes et graminées sont composés ensemble, comme sur une toile, en jouant sur les floraisons successives et les harmonies de couleurs. En soixante ans, elle dessinera près de quatre cents jardins, souvent avec l'architecte Edwin Lutyens.

C'est cette seconde tradition — la profusion maîtrisée — que l'on appelle le plus souvent « jardin anglais » aujourd'hui. Mais le fil qui relie les deux n'a jamais changé : la spontanéité est toujours dessinée.

Jardin anglais style

Ce qui fait un jardin anglais

Quatre éléments, vraiment, font le style.

Les courbes. Pas de lignes droites : des allées sinueuses, des massifs aux contours arrondis et généreux. Le regard ne doit jamais tout embrasser d'un coup — il y a des coins, des détours, des choses à découvrir.

La mixed border. C'est l'élément signature. Un massif large, planté dense et en strates, où l'on superpose les hauteurs, les textures et les floraisons pour qu'il y ait toujours quelque chose en fleur. C'est là que se joue tout l'art du jardin anglais.

Une structure qui tient l'ensemble. C'est le secret le moins visible. Sous le « fouillis », il y a un ordre : une belle pelouse comme contrepoint calme, des haies, un mur, quelques arbres qui posent le cadre. Sans cette ossature, la profusion devient désordre.

Les plantes. Rosiers anciens et grimpants, delphiniums, lupins, pivoines, digitales, géraniums vivaces, hortensias, clématites, roses trémières… une palette romantique, jouée en abondance.

Le style le plus « fait pour » la Belgique

Voici un point que l'on ne lit nulle part, et qui change tout : de tous les styles de jardin, le jardin anglais est sans doute le plus naturellement adapté à la Belgique.

La raison est simple. La Belgique et l'Angleterre partagent un même climat océanique tempéré — doux, humide, sans extrêmes. Et les plantes qui définissent le jardin anglais — rosiers, vivaces, hortensias, digitales, géraniums — sont précisément celles qui s'épanouissent dans ces conditions. Là où un jardin méditerranéen ou un jardin sec demandent d'adapter, de contourner, de protéger, le jardin anglais, lui, est chez lui en Brabant Wallon comme à Bruxelles.

C'est un argument rare, et un vrai luxe : choisir le jardin anglais, c'est choisir un style qui travaille avec notre climat, pas contre lui.

Jardin anglais rose

Jardin anglais bulbes allium

La méthode — et la vérité sur l'entretien

Réussir un jardin anglais suit toujours le même ordre.

On pose d'abord l'ossature. Avant la moindre fleur : le tracé des allées, la forme de la pelouse, les haies, un mur, quelques arbres. C'est cette structure — souvent invisible une fois le jardin mûr — qui empêchera la profusion de tourner au chaos. Pour les haies, mieux vaut en Belgique privilégier l'if ou le hêtre que le buis, fragilisé par la pyrale.

Puis on plante les massifs, dense et en strates. Les plus hautes vivaces et les arbustes à l'arrière, les plus basses devant, et l'on mêle les espèces plutôt que de les aligner. L'objectif : un massif qui se tient tout seul et qui s'étoffe d'année en année.

On compose la succession des floraisons. Un vrai jardin anglais a quelque chose à offrir de mars à octobre. Cela se planifie, fleur par fleur, saison par saison.

Et maintenant, la vérité que peu d'articles assument : le jardin anglais n'est pas un jardin sans entretien. C'est même l'un des plus exigeants. La mixed border ne tient que grâce à un travail régulier et précis — tuteurer, supprimer les fleurs fanées, diviser les vivaces, « éditer » sans cesse ce qui prend trop de place. Le « désordre maîtrisé » est, à 90 %, du « maîtrisé ».

C'est précisément là qu'une conception professionnelle change tout. Un jardin anglais dont l'ossature est juste, dont les massifs sont bien pensés et les plantes bien choisies, reste beau pour un effort raisonnable. Improvisé, il devient vite ingérable. Chez Vert Val, c'est cet équilibre — la profusion romantique et un entretien à votre mesure — que nous concevons pour les jardins de particuliers en Brabant Wallon et à Bruxelles.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un jardin anglais ?

Le jardin anglais est un style né en Angleterre, en réaction au jardin formel géométrique. Il se reconnaît à ses formes courbes, à ses massifs fleuris foisonnants (les mixed borders) et à une apparente spontanéité qui cache, en réalité, une composition très maîtrisée.

Quelles sont les caractéristiques d'un jardin anglais ?

Des allées et des massifs aux formes courbes, des bordures larges et densément plantées, une succession de floraisons tout au long de la saison, et une structure discrète — pelouse, haies, arbres — qui tient l'ensemble.

Quelles plantes pour un jardin anglais ?

La palette classique mêle rosiers anciens et grimpants, delphiniums, lupins, pivoines, digitales, géraniums vivaces, hortensias, clématites et roses trémières. Toutes se plaisent particulièrement bien sous le climat belge.

Un jardin anglais demande-t-il beaucoup d'entretien ?

Oui — c'est l'un des styles les plus exigeants. La profusion florale ne tient que grâce à un entretien régulier et précis : tuteurage, taille, division des vivaces, suppression des fleurs fanées. Une bonne conception de départ réduit nettement cet effort, mais ne le supprime pas.

Peut-on créer un petit jardin anglais de ville ?

Oui. Le style s'adapte bien aux petits espaces : une seule mixed border généreuse le long d'un mur, quelques rosiers grimpants et une petite pelouse suffisent à en créer l'atmosphère.

En résumé

Le jardin anglais est le plus trompeur des styles : il a l'air facile, il est exigeant ; il a l'air désordonné, il est rigoureusement composé. Mais c'est aussi celui qui se sent le plus chez lui en Belgique — un atout que peu de jardins offrent. Bien conçu dès le départ, il vous donne ce romantisme foisonnant que tout le monde admire, sans devenir ingérable.

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