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Gilles Clément, paysagiste du jardin en mouvement

14 mai 2026 par
Gilles Clément, paysagiste du jardin en mouvement
Wise Cluster SRL, Lorenzo del Marmol

Gilles Clément, paysagiste : le penseur du jardin en mouvement

Il y a un malentendu tenace autour de Gilles Clément. En voyant ses jardins — où les herbes folles ont droit de cité et où l'on tond le moins possible —, beaucoup concluent : « lui, il laisse faire, il ne fait rien ». C'est l'inverse. La pensée de Gilles Clément n'est pas un éloge de la paresse : c'est une autre manière de travailler, plus attentive et plus intelligente. Et c'est sans doute la philosophie de jardin la plus directement utile, pour un jardin ordinaire, de tout le paysagisme contemporain.

Gilles Clément, paysagiste

Un jardinier-philosophe

Gilles Clément naît le 6 octobre 1943 à Argenton-sur-Creuse, dans l'Indre. Il se forme à l'École nationale supérieure d'horticulture de Versailles, devient ingénieur horticole, puis obtient son diplôme de paysagiste en 1985.

Mais sa véritable école, c'est un terrain. En 1977, il s'installe à Crozant, dans la Creuse, dans un jardin qu'il baptise « La Vallée ». Il y observe, des années durant, le comportement des plantes laissées libres. Une digitale ou une grande berce qu'on laisse monter en graine ne repoussent jamais exactement au même endroit l'année suivante : elles cherchent la meilleure lumière, le meilleur sol. De cette observation patiente naîtra toute sa pensée.

Clément n'est pas seulement un homme de terrain. Il a enseigné de longues années à l'École nationale supérieure de paysage de Versailles, a été professeur au Collège de France, a reçu le Grand Prix national du paysage en 1998, et il est l'auteur d'une œuvre écrite considérable — du Jardin en mouvement au Manifeste du Tiers paysage.

Gilles Clément, paysagiste

Trois idées qui ont changé le jardin

Toute la pensée de Gilles Clément tient dans trois concepts, devenus des références.

Le jardin en mouvement. Son idée la plus connue, résumée par une formule : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre. » Le jardinier ne fige pas un plan : il observe comment les plantes se déplacent d'elles-mêmes — par leurs graines, leurs rhizomes — et il adapte les chemins et les tailles à ces déplacements. Résultat : les plantes accomplissent leur cycle, la biodiversité s'enrichit, et l'on réduit fortement machines et produits.

Le tiers-paysage. Le terme — inspiré du « tiers-état » — désigne tous les espaces délaissés : friches, bords de routes, talus, terrains abandonnés. Pour Clément, ce ne sont pas des vides, mais des réservoirs de biodiversité : les derniers lieux où le vivant s'exprime sans contrainte.

Le jardin planétaire. Une vision plus large : considérer la Terre entière comme un seul jardin, fini et clos, dont l'humanité serait le jardinier — donc le responsable. Chaque geste local y a une portée globale.

Des jardins qui appliquent ces idées

Gilles Clément n'a pas seulement théorisé : il a réalisé.

Le Parc André-Citroën, à Paris, inauguré en 1992 et conçu avec le paysagiste Allain Provost, est la démonstration grandeur nature du jardin en mouvement : certaines parcelles se ressèment librement, et le parc change d'une saison et d'une année à l'autre. Au Domaine du Rayol, dans le Var, il a créé le « Jardin des Méditerranées » : plutôt qu'un jardin botanique étiqueté, il y recompose les paysages des régions du monde au climat méditerranéen, en laissant la flore s'exprimer. Et au pied du Musée du quai Branly, à Paris, il a imaginé un jardin dense et foisonnant, presque une savane, qui isole le visiteur du bruit de la ville.

Ce que sa pensée change pour votre jardin

C'est ici que Gilles Clément devient vraiment utile — parce que ses idées, contrairement à beaucoup, se transposent directement à un jardin de particulier.

Observer avant d'agir. Avant d'arracher, regarder ce qui pousse spontanément : ces plantes-là sont souvent les mieux adaptées à votre sol.

Garder un coin libre. Un endroit du jardin où l'on n'intervient pas — ni tonte, ni taille — devient votre propre tiers-paysage : un refuge pour les insectes, les hérissons, les oiseaux.

Accompagner plutôt que contrôler. Si une plante se plaît quelque part, mieux vaut souvent dévier le chemin que de la couper.

Alléger l'entretien. Accepter que le jardin change en hiver, que les tiges sèches nourrissent le sol et abritent la vie.

Soyons clairs : ce n'est pas l'abandon. Le jardin en mouvement demande un œil, une connaissance des plantes, un vrai suivi — simplement, ce travail consiste à accompagner le vivant plutôt qu'à lutter contre lui. C'est précisément cet équilibre que nous cherchons, chez Vert Val, dans les jardins résidentiels que nous concevons en Brabant Wallon et à Bruxelles : des jardins vivants, riches en biodiversité, et dont l'entretien reste à votre mesure.

Gilles Clément, paysagiste

Gilles Clément, paysagiste

Questions fréquentes

Qui est Gilles Clément ?

Gilles Clément, né en 1943 à Argenton-sur-Creuse, est un paysagiste, jardinier, botaniste et écrivain français. Formé à Versailles, enseignant à l'École nationale supérieure de paysage et professeur au Collège de France, il est l'un des penseurs les plus influents du jardin contemporain.

Quels sont les grands concepts de Gilles Clément ?

Trois concepts résument sa pensée : le « jardin en mouvement » (accompagner le déplacement naturel des plantes plutôt que de figer un plan), le « tiers-paysage » (la valeur écologique des espaces délaissés) et le « jardin planétaire » (la Terre comme un jardin unique dont l'humanité est responsable).

Quels jardins Gilles Clément a-t-il créés ?

Parmi ses réalisations les plus connues figurent le Parc André-Citroën à Paris (1992, avec Allain Provost), le Jardin des Méditerranées du Domaine du Rayol dans le Var, et le jardin du Musée du quai Branly à Paris.

Peut-on appliquer ses idées dans un petit jardin ?

Oui — c'est même là que sa pensée est la plus accessible. Observer avant d'arracher, laisser un coin libre, accompagner les plantes plutôt que de les contraindre, alléger l'entretien : ces principes valent pour un jardin de ville comme pour un grand parc.

En résumé

Gilles Clément a réconcilié le jardin avec le vivant. Il nous a appris que le rôle du jardinier n'est pas de dominer la nature, mais de l'accompagner — un changement de regard qui rend les jardins plus riches, plus vivants, et souvent plus simples à vivre. C'est cette approche que nous mettons au service de votre projet.


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