René Pechère, architecte paysagiste : le poète belge des jardins
On cherche souvent l'inspiration très loin — les jardins à la française, les jardins anglais, les jardins japonais. Pourtant, l'un des maîtres du jardin du XXe siècle a vécu et travaillé à quelques kilomètres d'ici, à Bruxelles. René Pechère a passé sa vie à faire du jardin un art à part entière. Et ce qu'il nous a laissé n'est pas seulement une série de beaux espaces : c'est une manière de penser le jardin, étonnamment proche de ce qui peut se faire aujourd'hui dans un jardin résidentiel.

Un Bruxellois qui a fait du jardin un art
René Pechère naît à Ixelles en 1908. Il se forme au métier auprès de Jules Buyssens, le grand artisan des parcs et jardins de la Ville de Bruxelles, et participe dès 1935 à la création des jardins de l'Exposition universelle de Bruxelles.
Mais c'est l'Exposition universelle de 1958 — l'Expo 58 — qui le révèle au monde. Chargé des aménagements extérieurs, il y signe notamment les Jardins du Congo et les Jardins des Quatre Saisons. Ces compositions lui valent une reconnaissance internationale.
Au fil de sa carrière, René Pechère concevra plus de 900 jardins, privés et publics, en Belgique mais aussi en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Une œuvre immense, portée par une idée simple et alors nouvelle : le jardin n'est pas un décor autour d'un bâtiment, c'est une création à part entière.
Le Mont des Arts et la marque Pechère à Bruxelles
La plupart d'entre nous ont déjà marché dans un jardin de Pechère sans le savoir. Son œuvre la plus connue, ce sont les jardins du Mont des Arts, au cœur de Bruxelles : un espace où l'art, l'histoire et la ville se rencontrent dans une composition d'une grande rigueur.
Mais la liste est longue. On lui doit aussi les jardins du Jardin botanique de Bruxelles, le célèbre labyrinthe du musée Van Buuren, les jardins du Berlaymont, ceux de la Maison d'Érasme à Anderlecht, ou encore le parc qui porte aujourd'hui son nom à Woluwe-Saint-Lambert. Autant de jardins que l'on peut encore visiter — un patrimoine vivant, à portée de promenade.
Cette empreinte sur Bruxelles lui a d'ailleurs valu un surnom qui dit bien la singularité de son travail : « notre Magritte des jardins ».
Sa « grammaire des jardins » : trois principes toujours actuels
En 1987, René Pechère publie un livre devenu une référence : la Grammaire des jardins. Le titre n'est pas un hasard. Pour lui, composer un jardin, c'est comme écrire : il y a une grammaire, des règles, une syntaxe. Trois principes traversent toute son œuvre.
Le jardin est une pièce de la maison. Pechère pensait le jardin comme un prolongement de l'habitat — une « pièce extérieure » qui continue l'architecture, pas un espace à part. La maison et le jardin se répondent.
La géométrie donne le cadre, la plante donne la vie. Lignes droites, cercles, carrés : Pechère structurait l'espace avec des formes nettes, pour créer des perspectives et guider le regard. Mais à l'intérieur de ce cadre, il laissait le végétal s'exprimer librement — textures, couleurs et volumes qui changent au fil des saisons. La rigueur et la nature, ensemble.
Un jardin est de son époque. Pechère ne copiait pas les styles du passé. Il cherchait un langage de son temps, fonctionnel autant qu'esthétique. Un jardin réussi, pour lui, parle du moment où il a été conçu — et de ceux qui l'habitent.

Ce que l'approche de Pechère nous inspire
Ces principes n'ont pas pris une ride — et ils ne valent pas que pour les grands jardins publics.
Penser le jardin comme une pièce de la maison, structurer l'espace avant de planter, accorder le tracé à l'architecture et au mode de vie : c'est exactement la démarche d'un projet de jardin résidentiel bien mené. Chez Vert Val, le bureau d'architecture paysagère fondé par Lorenzo del Marmol à La Hulpe, c'est cette logique que nous appliquons aux jardins de particuliers en Brabant Wallon et à Bruxelles — partir de votre maison et de votre manière de vivre, donner une structure claire, puis laisser le végétal faire le reste.
René Pechère ne nous lègue pas un style à imiter. Il nous lègue une grammaire — une façon de réfléchir avant de dessiner. Et cette grammaire-là est toujours la bonne.

Questions fréquentes
Qui était René Pechère ?
René Pechère (1908-2002) est l'un des plus grands architectes paysagistes belges du XXe siècle. Né à Ixelles, formé auprès de Jules Buyssens, il a conçu plus de 900 jardins privés et publics en Belgique et à l'étranger, et reste connu comme « le poète des jardins ».
Quels jardins de René Pechère peut-on visiter à Bruxelles ?
Plusieurs de ses créations sont accessibles : les jardins du Mont des Arts, ceux du Jardin botanique, le labyrinthe du musée Van Buuren, les jardins de la Maison d'Érasme à Anderlecht, ou encore le parc René Pechère à Woluwe-Saint-Lambert.
Qu'est-ce que la « Grammaire des jardins » ?
C'est l'ouvrage de référence publié par René Pechère en 1987. Il y expose sa vision du jardin comme un langage à part entière, avec ses règles de composition : le rôle de la géométrie, des perspectives, et l'équilibre entre le minéral et le végétal.
Où trouver la collection de René Pechère ?
Passionné par l'art des jardins, René Pechère a rassemblé une collection majeure d'ouvrages sur le sujet. Devenue la Bibliothèque René Pechère, elle est aujourd'hui conservée à Bruxelles au sein du CIVA et constitue une référence pour les chercheurs et les passionnés.
En résumé
René Pechère a montré qu'un jardin pouvait être une œuvre pensée, structurée et poétique — et que la beauté d'un extérieur tient d'abord à une méthode : accorder le jardin à la maison, lui donner un cadre clair, puis laisser le végétal vivre. C'est cette exigence que nous mettons au service de votre projet.