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Tom Stuart-Smith : le paysagiste du sauvage et du dessiné

14 mai 2026 par
Tom Stuart-Smith : le paysagiste du sauvage et du dessiné
Wise Cluster SRL, Lorenzo del Marmol

Tom Stuart-Smith : le paysagiste qui réconcilie le sauvage et le dessiné

En conception de jardin, on a tendance à choisir un camp : le sauvage et le naturel, ou le structuré et l'architectural. Tom Stuart-Smith a passé sa carrière à démontrer qu'il ne faut pas choisir. Ce paysagiste britannique, l'un des plus primés de sa génération, a fait de cette réconciliation toute sa signature. Voici qui il est, et pourquoi son approche a tant à nous apprendre.

Du zoologiste au paysagiste

Tom Stuart-Smith naît en 1960 et grandit dans le Hertfordshire, sur le domaine familial de Serge Hill où sa famille vit depuis quatre générations. Son chemin vers le jardin n'a rien d'évident : il étudie d'abord la zoologie à l'université de Cambridge, avant de se tourner, en 1982, vers l'architecture du paysage à l'université de Manchester.

Comme souvent chez les grands paysagistes, le détour fait la richesse — Benech est venu du droit, Olmsted du journalisme, et Stuart-Smith, lui, garde de la zoologie un regard de naturaliste sur le vivant. Après avoir travaillé aux côtés des paysagistes Hal Moggridge et Elizabeth Banks, il fonde son propre atelier, le Tom Stuart-Smith Studio, en 1998.

Naturalisme et modernité : sa signature

Si l'on devait résumer son travail en une formule, ce serait celle que son studio revendique : allier le naturalisme et la modernité. Des plantations généreuses, romantiques, presque sauvages — mais tenues par des formes construites, des lignes nettes, une vraie structure. Chez lui, la prairie foisonnante et le mur taillé ne s'opposent pas : ils se mettent mutuellement en valeur.

Son laboratoire, c'est son propre jardin. Dès 1986, il transforme une grange délabrée et ses champs, à Serge Hill, en sa maison et en ce qui deviendra The Barn Garden — un jardin d'expérimentation qu'il cultive et fait évoluer depuis des décennies.

Stuart-Smith est aussi proche du mouvement des vivaces naturalistes : il compte le paysagiste néerlandais Piet Oudolf parmi ses influences et ses amis, et les deux hommes ont travaillé sur un même lieu, le domaine de Trentham. Cette parenté éclaire son rapport aux plantes — choisies pour leur vie et leur tenue dans le temps, pas seulement pour leur floraison.

Une œuvre primée et reconnue

La reconnaissance de Tom Stuart-Smith n'est pas une affaire d'opinion : elle se mesure. Son studio a conçu neuf jardins pour le Chelsea Flower Show de Londres — neuf médailles d'or, dont trois fois la distinction suprême de « Best in Show ». Peu de paysagistes au monde peuvent en dire autant.

Son œuvre dépasse largement les jardins de concours. On lui doit notamment le célèbre jardin clos de Broughton Grange, dans l'Oxfordshire ; des aménagements au domaine de Trentham ; le jardin de Mount St John, dans le Yorkshire ; un jardin créé à Windsor pour le jubilé d'or de la Reine ; ou encore, plus au sud, le Jardin Secret de Marrakech. En 2023, il a été nommé Officier de l'Ordre de l'Empire britannique (OBE) pour services rendus à l'architecture du paysage.

Ce que son approche nous inspire

La leçon de Tom Stuart-Smith est précieuse, parce qu'elle dissout un faux dilemme. On croit souvent devoir trancher : soit un jardin « naturel », un peu en friche, soit un jardin « dessiné », un peu rigide. Lui montre la troisième voie — la seule vraiment satisfaisante : une plantation libre et généreuse, à l'intérieur d'une structure claire.

C'est d'autant plus pertinent pour nous que Stuart-Smith travaille sous un climat britannique, très proche du nôtre : ses végétaux, sa manière de faire sont directement transposables en Belgique. Chez Umilys, c'est exactement cet équilibre que nous cherchons dans les jardins résidentiels que nous concevons en Brabant Wallon et à Bruxelles — la générosité du végétal, mais toujours portée par une ossature qui tient l'ensemble.

Questions fréquentes

Qui est Tom Stuart-Smith ?

Tom Stuart-Smith, né en 1960, est un architecte paysagiste et concepteur de jardins britannique, l'un des plus reconnus de sa génération. Formé à la zoologie puis à l'architecture du paysage, il dirige depuis 1998 le Tom Stuart-Smith Studio et a été nommé OBE en 2023.

Quelle est la signature de Tom Stuart-Smith ?

Son travail réconcilie le naturalisme et la modernité : des plantations riches, romantiques et presque sauvages, tenues par une structure construite et des lignes nettes. Le sauvage et le dessiné, ensemble.

Quels sont les jardins les plus connus de Tom Stuart-Smith ?

Son studio a remporté neuf médailles d'or au Chelsea Flower Show (dont trois « Best in Show »). Parmi ses réalisations majeures : le jardin clos de Broughton Grange, des aménagements à Trentham, le jardin de Mount St John, un jardin à Windsor pour le jubilé d'or de la Reine, et le Jardin Secret de Marrakech.

Son approche est-elle adaptée au climat belge ?

Oui. Tom Stuart-Smith travaille sous un climat britannique océanique, très proche du climat belge — ses choix de plantes et sa manière de composer sont directement pertinents pour un jardin en Brabant Wallon ou à Bruxelles.

En résumé

Tom Stuart-Smith a fait carrière en refusant un faux choix : entre le jardin sauvage et le jardin dessiné, il a inventé sa troisième voie. Son œuvre — primée comme peu d'autres — rappelle que la générosité du végétal et la rigueur de la composition ne sont pas ennemies : ce sont les deux faces d'un même jardin réussi.

Paolo Bürgi, paysagiste : la rigueur et l'art de l'horizon