Dans son article « Oubliez le PEB, la maison idéale des Belges n’est plus celle que vous croyez (+infographie) », publié le 24 février 2026, la journaliste Mailys Chavagne met en lumière une évolution nette des priorités immobilières en Belgique.
L’enquête de Crelan, réalisée sur base des préférences de Belges en 2025, révèle un basculement clair : en 2026, le calme du quartier (83 %), l’espace intérieur (82 %) et la présence d’un jardin (77 %) arrivent en tête des critères d’achat.
Le jardin n’est donc plus un simple “plus” : il devient un élément structurant dans la décision d’investissement.
Le jardin : un critère désormais central
L’article souligne qu’acheter une maison ne se résume plus à un investissement financier sûr. Les Belges cherchent désormais un “havre de paix”, une amélioration tangible de leur qualité de vie.
La qualité de vie devient centrale. Le confort intérieur compte, mais l’extérieur – notamment la présence d’un jardin – “pèse tout autant dans les décisions”.
Cette donnée confirme ce que nous observons sur le terrain :
Lors des visites, les futurs acquéreurs se projettent immédiatement dans le jardin. Ils imaginent les repas d’été, un espace pour les enfants, un coin lecture, une terrasse conviviale. Le jardin devient une extension naturelle de la maison.
Le recul du PEB et la montée du potentiel
L’article rappelle que le certificat PEB, longtemps central, perd du poids dans les priorités, sauf en Flandre où il reste important. En Wallonie, seuls 39 % des répondants le jugent encore déterminant.
Parallèlement, les biens existants gagnent en popularité. Ils offrent :
une localisation attractive,
un budget plus accessible,
la possibilité d’emménager rapidement,
et surtout un potentiel d’évolution
Ce mot est clé : potentiel.
Et le jardin fait partie intégrante de ce potentiel.
Un bien ancien avec un jardin mal entretenu n’est pas un défaut en soi. C’est parfois une opportunité stratégique. Un jardin minéral, une terrasse vieillissante, un terrain en friche peuvent devenir une véritable pièce de vie supplémentaire si le projet est bien pensé.
Ce que nous recommandons avant d’acheter un bien avec jardin
Puisque 77 % des Belges considèrent la présence d’un jardin comme déterminante, il est essentiel d’en évaluer la qualité et le potentiel réel.
Voici les points que nous conseillons d’analyser lors d’un achat :
1. La proportion de surfaces minérales
Trop de béton ou de dalles peut entraîner des coûts de démolition et de réaménagement.
2. L’état des terrasses
Stabilité, drainage, qualité des fondations : une terrasse mal réalisée peut représenter un investissement conséquent à court terme.
3. La qualité du sol
Dans les jardins de ville, on retrouve fréquemment des remblais. Un sol pauvre ou compacté peut nécessiter une amélioration avant toute plantation.
4. Les arbres existants
De grands arbres structurent un jardin et augmentent sa valeur perçue. Mais leur état sanitaire doit être vérifié.
5. L’accessibilité
Peut-on accéder au jardin avec du matériel pour réaménager ? L’accès est souvent un facteur sous-estimé.
6. Les réseaux
Présence d’eau, d’électricité, évacuations : anticiper ces éléments évite des travaux lourds ultérieurs.
7. La gestion des déchets verts
Prévoir un espace compost est une solution durable et cohérente avec les tendances observées dans l’étude, où l’aspiration écologique reste présente.
Petit jardin ou grand terrain : ce n’est pas la taille qui compte
L’étude montre que la recherche porte sur la qualité de vie avant tout.
Cela signifie qu’un jardin de ville muré peut être tout aussi attractif qu’un grand terrain rural. Tout dépend :
de la manière dont la terrasse est intégrée,
des circulations,
de la structuration végétale,
de la création d’ambiances.
Un jardin bien conçu devient une pièce extérieure cohérente avec la maison. Il prolonge l’espace intérieur et renforce la valeur du bien.
Une tendance de fond, pas un effet de mode
L’article met en avant un changement durable : les priorités évoluent vers le confort, le calme, l’espace et la qualité de vie.
Nous constatons la même chose :
Les acheteurs ne veulent plus uniquement une maison performante énergétiquement. Ils veulent un lieu dans lequel ils se sentent bien.
Le jardin participe directement à cette perception.
Il influence :
l’émotion lors de la visite,
la projection familiale,
la valeur de revente future.
Conclusion : investir dans un jardin, c’est investir dans la qualité de vie
L’étude Crelan relayée par Trends-Tendances est claire : la présence d’un jardin fait désormais partie du trio de tête des critères d’achat immobilier en Belgique.
Pour nous, architectes paysagistes, ce chiffre n’est pas une surprise.
Il confirme ce que nous observons chaque jour : le jardin n’est plus un espace résiduel. Il est stratégique.
Avant d’acheter un bien, il est donc essentiel d’évaluer non seulement l’état du bâtiment, mais aussi le potentiel du jardin.
Un extérieur bien pensé peut transformer un bien ordinaire en lieu d’exception.
Et parfois, la plus grande valeur ajoutée ne se trouve pas dans les murs… mais juste derrière la baie vitrée.
Source principale : Mailys Chavagne, « Oubliez le PEB, la maison idéale des Belges n’est plus celle que vous croyez (+infographie) », Trends-Tendances, 24 février 2026