Les meilleures écoles pour devenir architecte paysagiste (en Belgique, en France et ailleurs)
Chaque mois, cinq à six candidatures atterrissent dans notre boîte mail. Des jeunes diplômés, des gens en reconversion, des passionnés qui ont retourné leur propre jardin et qui ont eu le déclic. On adorerait pouvoir dire oui à tout le monde — on ne peut pas. Et ce simple constat dit déjà beaucoup sur le métier : devenir architecte paysagiste attire énormément de monde, le marché est vivant, mais il est exigeant et concurrentiel.
Alors si vous cherchez une école d'architecte paysagiste, voici un guide honnête. Pas seulement une liste d'établissements (vous la trouverez aussi, vérifiée), mais ce qu'on aurait aimé qu'on nous dise plus tôt : par où passer, combien ça coûte, ce qui fait la différence à l'embauche, et pourquoi ce métier a, malgré la concurrence, un bel avenir devant lui.
Un aveu, pour commencer : je ne suis pas passé par une école de paysage
Moi, Lorenzo, je suis arrivé au paysage par un autre chemin. D'abord entrepreneur et designer — donc avec, déjà, une vraie expérience de la gestion et du projet. Puis cinq ans à dévorer des dizaines de livres sur les grands paysagistes, les techniques de dessin, les plantes, les tendances de fond. J'ai visité des jardins, beaucoup. Et surtout, j'ai testé mes idées dans mes propres jardins, les uns après les autres — quatre, pour être précis. C'est au bout du quatrième que je me suis lancé.
Je ne raconte pas ça pour me donner un genre, mais parce que ça résume ma conviction : un bon architecte paysagiste, c'est quelqu'un qui a dessiné, mais aussi qui a exécuté sur le terrain. Le plan, c'est la moitié du métier. L'autre moitié, c'est la terre argileuse du Brabant qui colle aux bottes, le drainage qu'on a raté une fois et plus jamais, la vivace qu'on a vue crever là où elle n'aurait pas dû. Ça, aucune théorie ne le remplace.
Le diplôme n'est pas le seul chemin — trois parcours qui le prouvent
Avant de parler des écoles, regardons trois noms que tout le secteur respecte. Aucun n'a suivi la route « classique », et c'est instructif.
Louis Benech (France). Le paysagiste des Tuileries, de l'Élysée, du bosquet du Théâtre d'eau à Versailles, de près de 300 jardins dans le monde. Son diplôme ? Une maîtrise de droit. Il est ensuite parti faire ses gammes comme ouvrier horticole chez Hillier, en Angleterre, puis jardinier en Normandie, avant d'ouvrir son cabinet en 1985. Sa formation, il l'a faite « au plus près des plantes ».
Jacques Wirtz (Belgique). Notre fierté nationale, comparé à Le Nôtre. Formé à l'horticulture (école de Vilvorde), il a démarré dans les années 1940 en faisant du porte-à-porte autour de Schoten, entretien et petits travaux, en dessinant le soir à la maison. Il a bâti, pierre par pierre, le plus grand bureau de paysage de Belgique — et signé le jardin du Carrousel aux Tuileries. Il expérimentait sans cesse dans sa propre pépinière. Du terrain, encore et toujours.
Piet Oudolf (Pays-Bas). La star contemporaine de la plantation naturaliste, le créateur des plantations de la High Line à New York et du Lurie Garden à Chicago. Parti de rien : il a « tout appris en partant de zéro », a ouvert une pépinière à Hummelo en 1982 et a passé des années à cultiver, croiser, observer ses plantes avant de devenir le concepteur qu'on connaît. Un pépiniériste devenu maître du dessin.
Le point commun ? Ils ont conçu et mis les mains dans la terre. C'est exactement la philosophie de notre studio.
Mais soyons clairs, et honnêtes : le diplôme reste la voie officiellement reconnue. En Belgique, c'est l'ABAJP/BALA (membre de l'IFLA) qui encadre le titre. Seules les études en plein exercice sont reconnues ; les diplômés du cycle long y sont automatiquement admis, les bacheliers après trois ans de pratique. Pour les marchés publics et certaines portes, ce diplôme compte vraiment. Pour la création de jardins privés, le talent et le terrain comptent autant. Les deux ne s'opposent pas — ils se complètent.
Les écoles pour devenir architecte paysagiste en Belgique
La voie universitaire (cycle long : bachelier + master)
C'est la seule formation universitaire d'architecte paysagiste en Belgique francophone, et elle est unique en son genre : une codiplomation entre trois institutions — Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), la Haute École Charlemagne (campus de Gembloux) et la Faculté d'architecture La Cambre-Horta (ULB). Un bachelier de transition (180 crédits) suivi d'un master (120 crédits). Approche scientifique, écologique, artistique et technique à la fois. C'est la référence si vous visez les bureaux d'études, l'espace public, les grands projets.
La voie haute école (cycle court : bachelier professionnalisant, 3 ans)
Plus orientée pratique et projet privé, la formation « Architecture des jardins et du paysage » se donne notamment à la Haute École Charlemagne (Gembloux) — qui a fêté ses 50 ans en 2019 — et à la Haute École Lucia de Brouckère (Bruxelles). Botanique, dessin, infographie, pédologie, topographie, construction, stage en fin de cursus. Excellente porte d'entrée vers le métier d'indépendant ou l'assistance à maîtrise d'œuvre.
Du côté néerlandophone (Flandre)
Deux écoles proposent le bachelier « Landschaps- en tuinarchitectuur » : HOGENT (Gand, via KASK & Conservatorium) et l'Erasmushogeschool Brussel. Leur devise vaut le détour : « on ne devient pas paysagiste en étudiant des livres » — dès le premier jour, on est sur le terrain, et les cours de botanique se donnent au Jardin botanique de Meise. Bon à savoir : l'EhB est la seule à proposer un horaire décalé (jeudi soir + vendredi), parfait pour une reconversion sans tout quitter. À noter aussi : la Flandre n'a pas encore de master académique en la matière — il est à l'étude.
En France, le pays des « grandes écoles » du paysage
- ENSP Versailles — École nationale supérieure de paysage, et son antenne de Marseille. Le Diplôme d'État de paysagiste (niveau master) y est délivré : c'est l'école historique des grands paysagistes français, avec une vraie sensibilité écologique (et, à Marseille, au climat sec).
- École de la nature et du paysage de Blois (INSA Centre-Val de Loire), très ancrée dans le projet de territoire.
- Institut Agro Rennes-Angers (anciennement Agrocampus Ouest), pour une approche technique et scientifique du végétal.
Bonne nouvelle pour les Belges : un diplôme français reconnu (comme le DE de paysagiste) peut être validé en Belgique via une demande d'équivalence, et la mobilité Erasmus permet de faire une partie du cursus à l'étranger.
Et à l'international ?
- Wageningen University (Pays-Bas) : la référence mondiale en agronomie, écologie et paysage.
- Politecnico di Milano (Italie) : un master « Sustainable Architecture and Landscape Design » très solide, ouvert sur l'international.
- Harvard Graduate School of Design (États-Unis) : le MLA le plus prestigieux — et le plus sélectif (et le plus cher).
- University of Greenwich ou Edinburgh School of Architecture and Landscape Architecture (Royaume-Uni) : très orientées design et urbanisme.
Ce que vit notre équipe : un atout pluridisciplinaire et international
Si je vous parle de tous ces parcours, c'est qu'on les vit au quotidien. Notre force, ce n'est pas un seul cerveau — c'est un mélange.
Tala a décroché son master en Architecture durable et design du paysage au Politecnico di Milano, après des études d'architecture à l'Académie libanaise des Beaux-Arts à Beyrouth. Trilingue (anglais, français, arabe), elle a conçu des parcs écologiques en Italie, maîtrise la modélisation 3D, le QGIS, et même ENVI-met pour simuler le confort thermique d'un espace public. Une rigueur scientifique précieuse.
Margaux est diplômée de l'ENSP Versailles-Marseille, l'école historique du paysage français, complétée par le master européen EMILA (Amsterdam et Barcelone). Sa démarche est sensible, presque artistique — elle parle de jardins « messagers », a travaillé sur des festivals de jardins (Chaumont-sur-Loire, Juan-les-Pins) et conçoit l'espace par les sens autant que par le plan.
Ajoutez à ça une architecte d'intérieur qui utilise la 3D pour modéliser nos jardins avant un coup de bêche, et vous obtenez un studio qui pense un projet sous tous les angles. C'est ce croisement — terrain, science, dessin, art, technologie — qui fait la qualité d'un jardin.
Comment choisir votre école : nos conseils très concrets
Le métier est magnifique, mais le marché est dense. Voici les critères que nous regarderions, dans l'ordre.
1. Les débouchés et la flexibilité. Soyez lucide : beaucoup de gens sortent diplômés chaque année, et nous-mêmes recevons cinq à six candidatures par mois. Ce qui fait la différence, c'est votre singularité — un profil, une spécialité, une vraie pratique de terrain.
2. L'école s'adapte-t-elle aux nouvelles technologies ? C'est devenu décisif. Les meilleures opportunités vont aux paysagistes solides techniquement. L'IA, la 3D, la modélisation font aujourd'hui des choses bluffantes. Vérifiez qu'on y enseigne le dessin assisté (SketchUp, CAO), la modélisation, le SIG — les bonnes écoles le font déjà.
3. Le terrain. Privilégiez une formation avec stages, ateliers de projet et chantier. On le répète : il faut savoir dessiner ET exécuter.
4. La langue (français, néerlandais, anglais) selon le public que vous voulez servir.
5. La localisation et le coût. En Fédération Wallonie-Bruxelles, les études restent accessibles : le minerval de base tournait autour de 835 €/an (gratuit pour les boursiers, réduit pour les conditions modestes). Attention : une réforme le fait grimper à environ 1 194 €/an dès la rentrée 2026-2027. En Flandre, le studiegeld est un peu plus élevé. En France, le DE est dans une école publique (droits modestes). À l'international, les écarts sont énormes (Harvard, c'est plusieurs dizaines de milliers d'euros par an). Vérifiez toujours les montants de l'année en cours sur le site de l'école.
6. La reconnaissance du diplôme (équivalence en Belgique, affiliation IFLA via l'ABAJP/BALA), surtout si vous visez la commande publique.
Un métier d'avenir — et pourquoi le climat change la donne
On entend parfois que le secteur serait « menacé » par l'intelligence artificielle. Notre lecture est plus nuancée. L'IA est un outil formidable — nous l'utilisons. Mais un architecte paysagiste qui lit un sol, sent un microclimat, ajuste un plan une bêche à la main restera irremplaçable, et ce pour un bon moment encore.
Surtout, le vent souffle dans le bon sens. La demande pour le métier progresse de façon régulière, portée par les enjeux qui sont précisément les nôtres : adaptation au changement climatique, gestion des eaux pluviales, biodiversité, plantes résistantes à la sécheresse, densification des villes qui réclame plus de vert, pas moins. Le réchauffement va générer une vague d'opportunités dans ce secteur. À condition d'avoir les bonnes compétences — techniques, écologiques, et de terrain.
Pour conclure
Diplôme d'une grande école ou parcours empirique forgé dans ses propres jardins : il n'y a pas une seule bonne route. Ce qui compte, c'est la curiosité, le terrain, et une règle qu'on ne lâche jamais — on n'invente rien. Un bon plan se vérifie, une plante se connaît, un sol s'écoute.
Vous hésitez sur votre orientation, vous êtes en reconversion, ou vous rêvez un jour de rejoindre une équipe comme la nôtre ? Postulez-ici. Et si vous avez un projet de jardin dans le Brabant wallon, à Bruxelles ou alentour, parlons-en autour d'une visite.
— Lorenzo del Marmol, Vert Val SRL : Studio Umilys, architecte-paysagiste.be (La Hulpe)
FAQ
Faut-il un diplôme pour devenir architecte paysagiste en Belgique ?
Pour porter le titre reconnu, intégrer l'ABAJP/IFLA et accéder aux marchés publics, oui : seules les études en plein exercice sont reconnues. Pour créer des jardins privés en indépendant, le talent, la pratique du terrain et un solide réseau comptent tout autant — l'histoire du métier le prouve (Benech, Wirtz, Oudolf).
Combien coûtent les études d'architecte paysagiste en Belgique ?
En Fédération Wallonie-Bruxelles, le minerval était d'environ 835 €/an (gratuit pour les boursiers), et passe à environ 1 194 €/an dès 2026-2027. La Flandre et l'étranger ont leurs propres tarifs. Vérifiez toujours le montant de l'année en cours auprès de l'école.
Quelle est la meilleure école pour devenir paysagiste ?
Il n'y en a pas une seule. En Belgique francophone, la voie universitaire (Gembloux–ULiège / Haute École Charlemagne / ULB La Cambre-Horta) pour les grands projets ; les bacheliers des hautes écoles (Charlemagne, Lucia de Brouckère) pour une entrée rapide dans le métier ; en France, l'ENSP Versailles-Marseille. Le mieux dépend de votre objectif : terrain, science ou création.